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nous demandons à chacun de respecter les règles de sécurités affichées. Merci..

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CCFD-Terre solidaire.

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sur Frontignan

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sur Mireval

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Philippines : comment le gouvernement utilise-t-il la pandémie pour renforcer la répression ?

Déjà défavorisés, les populations indigènes de Mindanao ou les habitants des zones rurales, l'ont été davantage pendant la pandémie. Une période aussi marquée par une recrudescence de la présence militaire dans ces zones. Témoignage de Judy Pasimio, coordinatrice du réseau Lilak, partenaire du CCFD-Terre Solidaire.

Comment les populations rurales et autochtones avec lesquelles Lilak travaillent ont-elles vécu cette période ?

Judy Pasimio : Dans les villes, nous avions compris qu'une quarantaine allait être imposée et nous avions eu le temps de nous y préparer. Mais dans les zones reculées, l'information est arrivée tard, et l'interdiction de circuler a été pour les villageois une véritable difficulté.

Ces populations récoltent, au jour le jour, dans leurs champs et n'ont pas de stock. À Visayas, par exemple, la quarantaine est intervenue en mars en pleine récolte. Du coup, les fermiers n'ont pas pu vendre leurs produits. Ils les ont distribué, mais ont été privés de revenus.

À Mindanao, dans le sud du pays, les mois de mars à mai, sont des périodes de sécheresse. On ne récolte pas, mais on trouve à s'employer dans les autres fermes. C'était impossible cette année. Les familles se sont également retrouvées sans revenus.

Les combats entre groupes armés se sont poursuivis et les communautés se sont rassemblées par peur.

Les populations indigènes n'ont pas été touchées par le virus du Covid-19 en lui-même, mais leurs vies ont été bouleversées par les décisions du gouvernement. Elles sont éloignées de tous les services. Comment peuvent-elles, par exemple, respecter les règles sanitaires quand elles n'ont pas accès à l'eau ? Et les autorités locales ont refusé l'accès à l'eau aux personnes autochtones déplacées qui vivent toujours dans des camps, sous prétexte qu'elles n'étaient pas de la commune.

La distanciation sociale imposée à Manille, était en outre, impossible à Mindanao. Car, durant la quarantaine, les combats entre groupes armés se sont poursuivis et les communautés se sont rassemblées par peur. Cette crise révèle les inégalités préexistantes !

C'est à dire ?

J.P. : Cela met en lumière, par exemple, la destruction de l'environnement. Autrefois, les populations indigènes savaient se prémunir contre les épidémies en s'enfonçant dans la forêt vers des lieux où elles pouvaient trouver les plantes médicinales propres à les aider. Mais ces territoires ont été dévastés, les forêts coupées et leurs terres morcelées. Elles ne trouvent plus les plantes médicinales.

Comment Lilak a-t-il travaillé avec ces communautés durant cette période ?

J.P. : Nous avons approvisionné 31 communautés en produits d'hygiène comme du gel ou des masques. Non sans difficulté, notamment, du fait des problèmes d'accès.

Nous avons également lancé une campagne d'information par SMS pour expliquer ce qu'est le Covid-19, comment s'en protéger. Mais cela est resté limité car, dans certaines zones, il n'y a pas de réseau, ou s'il existe, les habitants ne sont pas équipés de téléphone.

Nous avons constaté une véritable solidarité de femmes à femmes. Certaines affichaient les messages qu'elles recevaient par SMS pour partager l'information avec celles qui n'avaient pas de téléphone.

Manifestation contre le région autoritaire de Roberto Duterte, à Manille, en 2018 © Philippe Revelli/CCFD-Terre Solidaire

Durant cette période, la pression n'a donc pas cessé sur ces communautés ?

J.P. : Cette quarantaine a été mise en œuvre de manière inhumaine et brutale contre les personnes pauvres. La réponse du pouvoir à la question sanitaire a été militaire.
Dans les régions autochtones, la présence militaire a augmenté, sous prétexte de lutte contre le Covid-19. Le président Rodrigo Duterte en a profité pour renforcer ses visées dictatoriales. Depuis le début du confinement, on compte, à la mi-juin, 60 000 arrestations dans tout le pays.

- Lire aussi / Asie : quand les États autoritaires instrumentalisent la lutte contre la pandémie

Pourquoi la loi anti-terroriste adoptée au Parlement le 6 juin dernier suscite-t-elle autant d'inquiétudes dans la société civile ?

J.P. : Deux questions sont centrales. Pourquoi voter cette loi maintenant, alors que la crise sanitaire n'a pas de lien avec les insurrections communistes ou celles de Mindanao ? Le gouvernement devrait plutôt augmenter les subventions pour les communautés, tester massivement, donner des moyens aux soignants.

Dans la loi sur la sécurité, la garde à vue était limitée à 10 jours. Elle sera étendue à 14 jours avec la possibilité de prolonger de 10 jours.

Deuxième point très inquiétant, le texte est très flou. Qui est terroriste ? Qu'est ce qu'un acte terroriste ? Rien n'est précisé dans la loi et les forces de l'ordre ont une large marge d'appréciation. Auparavant, dans la loi dite sur la sécurité humaine, la garde à vue, avant présentation devant un juge, était limitée à 10 jours. Elle sera étendue à 14 jours avec la possibilité de prolonger de 10 jours.

On nous dit : « ne vous inquiétez pas, faîtes confiance à l'institution ». Mais comment est-ce possible ? On lève tous les gardes fous et beaucoup de pouvoirs sont octroyés aux forces de l'ordre, alors que la police est impliquée dans plus de dizaines de milliers de cas de morts suspectes dans le cadre de la guerre contre la drogue.

Dans l'esprit du régime Duterte, les terroristes sont non seulement les activistes, mais aussi de simples citoyens qui utilisent les réseaux sociaux pour critiquer le pouvoir.

La condamnation, le 15 juin, de la directrice du site internet Rappler, Maria Ressa et du journaliste Reynaldo Santos Jr. du même site pour diffamation, est un terrible avertissement [1]. Qui n'aurait pas peur dans de telles conditions ?

Lilak participe à la lutte contre le projet barrage de Kaliwa dans la région de Sierra Madre. Que s'est-il passé durant cette période ?

J.P. : Nous savons que le projet est toujours dans les tuyaux, même si aucune activité n'a été détectée durant cette période. Mais avec le confinement de la population de Manille, nous avons pu constater que l'argument selon lequel ce barrage est essentiel pour approvisionner la ville ne tient pas.

En effet, durant la quarantaine, malgré l'augmentation de la consommation des familles coincées chez elles, il n'y a pas eu de rupture en eau. Les besoins viennent donc des golfs, des hôtels, des centres commerciaux.

Faut-il, pour alimenter ces structures, détruire le mode de vie des communautés autochtones vivant dans la Sierre Madre ? L'année dernière lors d'une campagne de sensibilisation dans trois universités de Manille, nous avons rencontré un bon écho. Les citadins présents ont compris que le problème était lié à une mauvaise gestion de la distribution d'eau plutôt qu'à un manque de ressource.

Propos recueillis par Christine Chaumeau


[1] Les deux journalistes qui risquent jusqu'à 6 ans de prison, restent libres sous caution jusqu'à l'issue des procédures en appel.


Plus de 110 évêques réclament que cessent les abus commis par les entreprises (Communiqué)

Si les abus commis par les entreprises au détriment des populations demeurent monnaie courante, une occasion unique s'offre à tous les États d'agir et de mettre un terme à cette situation en introduisant des mesures contraignantes au niveau national, mais surtout au niveau international et régional, là où se situent les principales lacunes. Des évêques et des cardinaux du monde entier interpellent les États et publient ce jour une déclaration commune : « Aujourd'hui plus que jamais, un devoir de diligence s'impose dans la chaîne d'approvisionnement afin de mettre un terme aux abus commis par les entreprises et de garantir une solidarité mondiale »

Dans cette déclaration, les cardinaux et les évêques appellent les États à faire cesser au plus vite les abus commis par les entreprises en introduisant une législation contraignante visant à réglementer l'activité des entreprises et les rendre juridiquement responsables. Les évêques estiment que nos économies devraient appliquer des valeurs de dignité et de justice, dans le respect des droits humains et environnementaux. Les abus commis par les entreprises sont monnaie courante et la crise de la Covid-19 n'a fait qu'exacerber cet état de fait, en particulier pour les communautés les plus vulnérables qui ne bénéficient d'aucune protection sociale. Une fois encore, la crise est plus rude pour les femmes que pour les hommes et, par ailleurs, « cette pandémie a mis en évidence notre interdépendance et désorganisé les chaînes d'approvisionnement mondiales qui relient les usines entre elles par-delà les frontières, démontrant du même coup combien nous dépendons de travailleurs vulnérables qui effectuent un travail essentiel aux quatre coins de la planète », constate la déclaration.

Les évêques appellent tous les membres de la famille humaine à se montrer solidaires et déclarent qu'à défaut d'une législation adéquate, on ne pourra empêcher les sociétés transnationales de pratiquer l'évasion fiscale, de porter atteinte aux droits humains, d'enfreindre le droit du travail et de détruire des écosystèmes entiers. Les évêques rappellent que les approches sur une base volontaire ont échoué et qu'il ne reste par conséquent qu'une seule solution législative pour protéger les communautés et consacrer le lien entre l'homme et la nature : une loi contraignante réglementant les sociétés transnationales.

Alors que certains pays européens disposent déjà d'une loi sur la diligence raisonnable ou l'ont mise en chantier, ce n'est que récemment que l'UE a entrepris d'harmoniser ce patchwork afin de consolider les importantes évolutions sectorielles qui le composent au niveau régional. Le Commissaire européen à la justice, Didier Reynders, a fait un pas dans la bonne direction en annonçant l'élaboration prochaine d'une législation européenne rendant la diligence raisonnable en matière de droits de l'homme et d'environnement obligatoire pour les entreprises, dans le cadre du plan de relance mis en place par l'UE après la Covid-19 et en tant que contribution au « Green Deal » européen.
Saluant cette annonce, la déclaration appelle les chefs d'État et de gouvernement à favoriser une législation contraignante au niveau des Nations unies en s'engageant dans l'actuel processus de négociation d'un Traité contraignant des Nations unies en faveur des droits de l'homme.

La déclaration des évêques a été signée par les dignitaires ecclésiaux de pays comme l'Inde, le Myanmar, l'Ouganda et la Colombie, où des communautés pâtissent du comportement irresponsable des sociétés transnationales. De nombreux évêques européens (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Suisse) ont également apposé leur signature au bas du document, afin d'adresser un message fort à l'Europe, pour qu'elle prenne ses responsabilités.

Josianne Gauthier, Secrétaire générale de la CIDSE, le réseau international d'organisations catholiques œuvrant pour la justice sociale qui a coordonné la déclaration, commente : « Cela me motive de voir tant de représentants de l'Église parler à l'unisson de la question de la réglementation des entreprises, et insister sur l'action menée par tant de femmes et d'hommes qui, pour bon nombre, sont partenaires de la CIDSE et consacrent leur vie à la défense des droits humains et environnementaux. Nous sommes tous liés les uns aux autres et il est de notre devoir de les soutenir dans leur lutte de toutes les manières possibles ».

La déclaration des évêques restera ouverte à la signature, dans la perspective notamment du prochain cycle de négociations d'un instrument juridiquement contraignant sur les entreprises et les droits de l'homme aux Nations unies, qui entre cette année dans sa sixième session.

Notes à l'attention des rédacteurs

La CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité), dont le CCFD-Terre Solidaire est membre, est une alliance internationale d'organisations catholiques œuvrant pour la justice sociale. Ses 18 membres d'Europe et d'Amérique du Nord s'emploient à combattre l'injustice et les inégalités systémiques selon une stratégie commune

Pays de provenance des évêques signataires : Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bolivie, Brésil, Colombie, Égypte, Équateur, Éthiopie, France, Guatemala, Honduras, Inde, Italie, Luxembourg, Malawi, Maroc, Mexique, Myanmar, Ouganda, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Porto Rico, Portugal, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sri Lanka, Suisse, Tchad.

Cardinaux signataires de la déclaration : Cardinal Jean-Claude Hollerich, Luxembourg ; Cardinal Charles Maung Bo, Myanmar ; Cardinal Alvaro Ramazzini, Guatemala

Évêques français signataires de la déclaration :
✞ Eric AUMONIER, Évêque de Versailles, France
✞ Jean-Luc BOUILLERET, Archevêque de Besançon, France
✞ Pascal Michel Ghislain DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, France
✞ Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise, France
✞ Robert LE GALL, Archevêque de Toulouse, France
✞ Denis MOUTEL, Évêque de Saint-Brieuc, France
✞ Alain PLANET, Évêque de Carcassonne et Narbonne, France
✞ Jean-Pierre VUILLEMIN, Évêque auxiliaire de Metz, France
✞ Robert WATTEBLED, Evêque de Nîmes, France

Déclaration : « CIDSE welcomes landmark announcement by European Commission on mandatory human rights due diligence for 2021 »

Contacts presse :
CIDSE - Valentina Pavarotti, Responsable des communications, pavarotti@cidse.org
CCFD-Terre Solidaire - Sophie Rebours, Responsable Relations Média, s.rebours@ccfd-terresolidaire.org

Coordinatrice de la déclaration des évêques :
Sylvia Obregon, Chargée de mission pour la réglementation des entreprises et les industries extractives, obregon@cidse.org


Offre de stage : Contribution à la mise en œuvre opérationnelle du rapport d'orientations du CCFD-Terre Solidaire

Acteur historique du changement dans plus de 60 pays, le CCFD-Terre Solidaire agit contre toutes les formes d'injustices. Nous œuvrons pour que chacun voie ses droits fondamentaux respectés : manger à sa faim, vivre dignement de son travail, habiter dans un environnement sain, choisir là où construire sa vie…

Un monde plus juste et plus fraternel est déjà en action, car chacun porte en lui une force de changement. Notre engagement pour plus de justice et de solidarité prend racine dans la pensée sociale de l'Église. Par notre action individuelle et collective, nous proposons et soutenons des solutions politiques et de terrain.
+ de 400 organisations partenaires
700 projets internationaux dans 63 pays
15 000 bénévoles
2,2 millions de bénéficiaires

DESCRIPTIF DU STAGE :

Sous l'impulsion des instances de gouvernance du CCFD-Terre Solidaire (Bureau et Conseil d'Administration), la délégation générale oriente et assure la mise en œuvre opérationnelle du projet associatif et du rapport d'orientations de l'organisation.

Au sein de la délégation générale du CCFD-Terre Solidaire, la ou le stagiaire rattaché.e à la chargée de mission aura notamment les missions suivantes :

  • Appui à l'élaboration de textes positionnements politiques de l'Association (recherches documentaires, appui à l'animation de groupes de travail expert, synthèse des réunions et rédaction)
  • Appui à l'élaboration de la stratégie d'implication du CCFD-Terre Solidaire dans les collectifs nationaux
  • Appui au travail de plaidoyer sur le projet de loi en cours qui révise la politique de solidarité internationale et de développement de la France (préparation de l'argumentaire, des communiqués de presse, des auditions parlementaires et actions de mobilisation citoyenne le cas échéant (sous réserve de la reprise des travaux parlementaires sur ce sujet)
  • Appui à la coordination de chantiers transversaux de la délégation générale

Les missions confié-e-s au ou à la stagiaire lui offriront la possibilité de :

  • travailler en lien avec des acteurs de la société civile (ONG, mouvements citoyens etc)
  • renforcer ses connaissances et compétences sur le processus législatif (fabrique de la loi)
  • appréhender l'organisation d'une ONG et le fonctionnement d'une gouvernance associative
  • renforcer ses connaissances sur les politiques de développement et les axes thématiques du CCFD-Terre Solidaire

LIEU DU STAGE : Paris, Siège de l'ONG, 4 rue Jean Lantier - 75001 Paris

DUREE ET PERIODE SOUHAITABLE : fin-septembre 2020-mi-février 2021 (6 mois)

PROFIL SOUHAITE :

  • Stage obligatoirement intégré à un cursus pédagogique (Convention de stage obligatoire)
  • Etudiant.e en Master 1 ou 2 droit public / sciences politiques
  • Appétence pour le milieu associatif
  • Intérêts et connaissance des enjeux du développement et de la solidarité internationale
  • Très bonne capacité rédactionnelle, esprit de synthèse
  • Très bonne qualité relationnelle
  • Diplomatie
  • Capacité à travailler en collectif
  • Autonomie, rigueur, curiosité, qualités d'écoute
  • Maîtrise des outils Internet, pack Office

RESPONSABLE DU STAGE :
La chargée de mission au sein de la Délégation Générale

CONDITIONS D'ACCUEIL DES ETUDIANT.E.S :

  • Stages au Siège du CCFD-Terre Solidaire : l'étudiant(e) bénéficie du remboursement de 50% de son titre de transport Paris/IDF et peut bénéficier de tickets-repas moyennant contribution à hauteur de 40%.
  • Les stagiaires reçoivent une gratification selon le montant légal : 3,90 euros/heure
  • Assurance : l'étudiant(e) bénéficie de l'Assurance du CCFD-Terre Solidaire

CONTACT AU CCFD–Terre Solidaire :
Envoyer votre candidature (lettre de motivations et CV en pièces attachées) à Hélène DULIN : h.dulin@ccfd-terresolidaire.org et à Françoise BEUCHER - Responsable des stages : f.beucher@ccfd-terresolidaire.org

DATE LIMITE DE DEPÔT DES CANDIDATURES

20 août 2020

Entretiens semaine du 1er septembre 2020


Quiz : ce que le Monde d'après révèle de vous

Plutôt humaniste ou justicier ? 11 questions révèlent votre personnalité pour appréhender le Monde d'après

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Retrouvez notre dossier Piliers d'une terre solidaire : sur quelles valeurs fonder le monde d'après ? A suivre, chaque semaine un éclairage sur les valeurs qui nous animent


Offre d'emploi : Chargé.e de marketing fidélisation

Acteur historique du changement dans plus de 60 pays, le CCFD-Terre Solidaire agit contre toutes les formes d'injustices. Nous œuvrons pour que chacun voie ses droits fondamentaux respectés : manger à sa faim, vivre dignement de son travail, habiter dans un environnement sain, choisir là où construire sa vie…
Un monde plus juste et plus fraternel est déjà en action, car chacun porte en lui une force de changement. Notre engagement pour plus de justice et de solidarité prend racine dans la pensée sociale de l'Eglise. Par notre action individuelle et collective, nous proposons et soutenons des solutions politiques et de terrain.

+ 400 organisations partenaires 700 projets internationaux dans 63 pays

15 000 bénévoles 2,2 millions de bénéficiaires

Le CCFD-Terre Solidaire enregistre chaque année plus de 34 M€ de produits de la générosité du public (dons issus des mailings, e-mailings, télémarketing et face à face ; collectes locales ; partage de produits d'épargne solidaire ; legs et donations …) et d'autres modes de soutien comme la vente de produits solidaires (boutique solidaire).
Le CCFD-Terre Solidaire peut compter sur le soutien de près de 250 000 donateurs.

MISSION

Rattaché.e à la responsable du service marketing au sein du service marketing, dans la Direction du développement des générosités, la/le chargé.e marketing fidélisation élabore et met en œuvre les parcours et les offres les plus adéquats pour les donateurs en fidélisation en cohérence avec les objectifs et le budget assigné, en lien avec la responsable marketing fidélisation.

ACTIONS PRINCIPALES

Il/elle :

  • Elabore et déploie les campagnes marketing de fidélisation en print et digital (hors temps forts Carême, Journée mondiale de l'Alimentation et Noël) : brief messages, préconisation de tests, définition et sélection des cibles, validation des messages, suivi production en lien avec l'agence marketing, analyses et recommandations.
  • Met en œuvre le dispositif digital de collecte lors du temps fort de la campagne de carême. Dans le groupe de travail inter-directionnel (direction communication, direction mobilisation citoyenne et direction développement des générosités), vous déclinerez le concept global de la campagne carême sur les outils de collecte digitaux en lien avec l'agence marketing.
  • Elabore et déploie la campagne print de fidélisation lors du temps fort de noël : Brief messages, préconisation de tests, définition et sélection des cibles, validation des messages, suivi production en lien avec l'agence marketing, analyses et recommandations.
  • Pilote les campagnes promotionnelles de la boutique solidaire : mise en œuvre des campagnes annuelles (Automne/Hiver/Pâques) de la boutique de produits commerce équitable en lien avec le prestataire pour l'élaboration des catalogues online et offline et leur promotion, test de ciblage, suivre les résultats et émettre des recommandations.

- Participe en lien avec la responsable marketing fidélisation aux activités suivantes :

  • Pilotage de la stratégie éditoriale destinée à la collecte : comités éditoriaux, supervision de la production de contenus afin d'alimenter les campagnes de collecte.
  • Proposition de sujets, rédaction et mise en œuvre de la newsletter mensuelle de l'association, en lien avec la direction de la communication.
  • Réflexion et construction du parcours relationnel sur les donateurs « fidèles » sur le nouvel outil CRM Marketing Cloud.

- Participe à des groupes de travail transversaux : la réflexion sur l'animation de l'outil Salesforce, avec un zoom tout particulier sur la refonte de la segmentation, parcours relationnels sur l'outil CRM Marketing Cloud…

Ce poste sera appuyé sur la partie production par une assistante marketing, ressource partagée avec la responsable marketing fidélisation.

PROFIL ATTENDU

  • Formation Bac+4/5 en marketing ou équivalent avec 3 ans d'expérience en agence ou chez l'annonceur sur des campagnes multicanales (on/off).
  • Maitrise des techniques de marketing direct et du webmarketing
  • Bonnes capacités rédactionnelles
  • Expérience sur les parcours cross canal clients/donateurs appréciée
  • Maitrise d'un outil de préparation/ routage e-mailings
  • Organisation, rigueur et respect des délais
  • Autonomie et esprit d'initiative
  • Intérêt pour la solidarité internationale et le secteur associatif

CONTRAT ET REMUNERATION :

Ce poste est basé à Paris, au siège de l'association du CCFD-Terre Solidaire au 4, rue Jean Lantier 75001 Paris.

Il s'agit d'un poste en contrat à durée indéterminée à temps plein (sur la base d'un forfait annuel de 205 jours de travail).

Le poste est à pourvoir dès que possible et au plus tard le 1er novembre 2020.

Rémunération brute annuelle : 37 K€ (sur 13 mois). Statut cadre. Mutuelle. Titres repas.

Les candidatures sont à adresser dès que possible et au plus tard le 16 juillet 2020 sous la référence 822, par courriel uniquement à : ccfd-573083@cvmail.com

Le CCFD-Terre Solidaire se garde le droit d'entériner le processus avant la date indiquée. Toute personne envoyant un dossier de candidature recevra une réponse, merci de ne pas appeler.


L'application de la loi sur le devoir de vigilance passée au radar : 27% des entreprises hors la loi ?

Comment s'assurer que les entreprises visées par la loi sur le devoir de vigilance établissent, publient et mettent en œuvre un plan de vigilance ?
Avec Sherpa et Datactvist, nous avons mis en place un outil de suivi de cette loi, le radar du devoir de vigilance. Résultat, aujourd'hui Yves Rocher, Castorama, Picard, McDonald's France, France Télévisions, Bigard et d'autres grosses entreprises n'ont pas mis en place de plan de vigilance

Il y a 3 ans , une loi contre l'impunité des multinationales

Le 27 mars 2017, la loi sur le devoir de vigilance est promulguée. Unique au monde, cette loi a une ambition claire : imposer aux grandes entreprises françaises une obligation de vigilance et les contraindre à répondre devant la justice française des violations aux droits humains et des atteintes graves à l'environnement résultant des activités de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants à travers le monde.

Peu de transparence pour l'instant :

Cette loi ne s'applique cependant qu'aux entreprises dont le nombre de salariés, y compris dans leurs filiales, est supérieur à un certain seuil : 5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde.
Au cours des trois dernières années, des parlementaires, associations, syndicats et médias ont multiplié les requêtes afin de savoir quelles entreprises françaises dépassent ces seuils.
A ce jour, aucune liste officielle n'a cependant été publiée. Le gouvernement n'a par ailleurs mis en place aucun mécanisme de contrôle pour s'assurer que ces entreprises répondent à leurs obligations légales.

Lire aussi l'article du Monde du 28 juin 2020 : La loi sur le devoir de vigilance manque de transparance

Un outil, le radar du devoir de vigilance :

En l'absence de suivi de cette loi, le CCFD-Terre Solidaire et Sherpa, avec l'aide de la coopérative Datactivist, ont mis en place en juin 2019 un outil citoyen de suivi de la loi. Cet outil, le radar du devoir de vigilance est disponible en ligne sur le site plan-vigilance.org

Edition 2020 :

265 entreprises recensées, 72 sans plan de vigilance identifié : En s'appuyant sur des données publiques et financières de référence (Infogreffe, Sirene, Orbis) et en étudiant les comptes annuels disponibles de certaines entreprises opaques absentes de ces bases de données, nous avons désormais identifié 265 entreprises qui seraient soumises au devoir de vigilance. 72 d'entre elles, soit 27% de l'effectif, n'ont pas, d'après nos recherches, publié de plan de vigilance au cours des trois dernières années en dépit de l'obligation légale qui leur incombe. Parmi elles, des mastodontes de l'économie française, telles que McDonald's France, Yves Rocher, Avril, Castorama, Leroy Merlin, Bigard, France Télévisions, KPMG, Picard.

Radar devoir de vigilance

PLFR3 - Pas de chèques en blanc aux entreprises : il est possible de sauver ET de transformer (Communiqué)

Paris, le 25 juin 2020 - Ce matin, lors du débat sur le 3ème projet de loi de finances en commission des Finances, plusieurs amendements des groupes LREM, EDS et LFI sur la mise en place de conditionnalités climat pour les entreprises qui reçoivent des aides publiques ont été débattus, mais malheureusement rejetés.

L'objectif de ces amendements est de mettre en place l'obligation, pour les entreprises, de faire un reporting complet de leur impact climatique et de s'engager sur des baisses annuelles contraignants de leurs émissions de gaz à effet de serre, sous le contrôle d'une autorité tierce. En cas de non-respect, différents niveaux de sanction sont envisagés. Les amendements visant à garantir le non-versement de dividendes pour les grandes entreprises bénéficiant d'aides publiques ont également été rejetés. Ce premier débat en commission des Finances se poursuivra en séance publique la semaine prochaine.

Enfin, sur la question de la reprise de la trajectoire d'augmentation de la taxe carbone, le Réseau Action Climat constate que le Gouvernement se contente de commander de nouvelles études de son impact sur les ménages. Pourtant, ces études existent déjà et le Gouvernement a toutes les cartes en main pour rendre la taxe carbone juste et solidaire, notamment via une redistribution de ses recettes aux ménages qui n'ont aujourd'hui pas d'autres alternatives, ni les moyens de faire face à la montée du prix des énergies.

Les réactions des associations du réseau :

Réseau Action Climat : Le Réseau Action Climat regrette le manque de courage de la commission des Finances pour adopter les amendements et acter une véritable prise en compte de l'urgence climatique. Personne ne doit être laissé de côté : il est possible de concilier la question des emplois et les exigences de la transition écologique. Il ne s'agit pas de conditionner l'accès aux aides, mais de demander des contreparties nécessaires pour le climat. Le Réseau Action Climat continuera à suivre ce débat crucial en séance publique la semaine prochaine.

Oxfam : Bis repetita ! Après le PLFR2, et malgré la mobilisation de 80 député-e-s La République en marche en faveur de contreparties sociales ou écologiques, la majorité du groupe LREM a préféré offrir un nouveau chèque en blanc pour les grandes entreprises polluantes ou celles qui versent des dividendes alors qu'elles bénéficient d'argent public.

Greenpeace : Malgré la crise du COVID, malgré les recommandations du HCC et le positionnement de la Convention citoyenne, les députés de la majorité restent enfermés dans leur idéologie passéiste opposant écologie et emploi. Alors que ces budgets rectificatifs devraient être l'occasion d'un changement de modèle, on remet une pièce dans la machine pour surtout ne rien changer ! La République en marche clame haut et fort que le plan de relance aura l'écologie au cœur, mais en catimini, elle continue de servir les intérêts immédiats des grands groupes au détriment du climat et au mépris de la démocratie. RDV la semaine prochaine en séance pour rectifier le tir.

CCFD-Terre Solidaire : La majorité et le Gouvernement renoncent encore une fois à mettre en place un dispositif contraignant assorti de sanctions pour que les engagements demandés ou pris par les entreprises soutenues soient effectifs. Les engagements volontaires sont trop souvent insuffisants et peuvent être remis en cause sans cadre normatif.

WWF : Le Président de la République a promis aux Français une reconstruction économique, écologique et solidaire. Elle doit être dès maintenant suivie des faits, qu'il s'agisse des éco-conditionnalités concernant les aides aux entreprises que du soutien apporté aux collectivités territoriales à flécher vers une relance locale résiliente et durable. A ce stade, la majorité n'a pas changé de cap en rejetant les amendements nécessaires pour assurer cette reconstruction.

FNH : La Fondation Nicolas Hulot regrette que la majorité se soit systématiquement opposée aux amendements tirés des propositions de la convention citoyenne pour le climat. Nous appelons le gouvernement et la majorité à redresser la barre en séance et à saisir l'opportunité de s'appuyer sur le travail des citoyens. Les mesures instaurant un malus au poids dans le secteur automobile, et celles portant sur la capacité d'investissement des collectivités territoriales pour permettre notamment de servir plus de produits bio et locaux en restauration collective, de rénover les bâtiments ou de construire des pistes cyclables, doivent être introduits dans ce texte.

Contacts presse :

Meike Fink, Réseau Action Climat, 06 42 28 45 40 meike.fink@reseauactionclimat.org
Guillaumine Lickel, Greenpeace France, 06 73 89 48 90 guillaumine.lickel@greenpeace.org
Alexandre Poidatz, Oxfam France, 06 85 26 37 18, apoidatz@oxfamfrance.org
Sophie Rebours, CCFD-Terre Solidaire, 07 61 37 38 65, s.rebours@ccfd-terresolidaire.org
Marielle Chaumien, WWF France, 06 15 39 24 95, mchaumien@wwf.fr
Samuel Leré, Responsable plaidoyer de la Fondation Nicolas Hulot, 0687411603


Crise alimentaire et COVID-19 : de quelle relocalisation voulons-nous ?

La crise du covid-19 a mis à nu les faiblesses de notre système agricole et alimentaire mondialisé. Face à ce constat, l'idée d'une « relocalisation » de nos productions a le vent en poupe.
Mais comment mettre en œuvre une relocalisation solidaire et juste, qui ne soit pas synonyme de repli sur soi ?
Plusieurs régions dans le monde expérimentent déjà une démarche pour construire des « systèmes alimentaires territorialisés ». Des propositions qui pourraient bien inspirer nos politiques publiques...

La crise du Covid-19 a durement impacté le secteur agricole et mis à jours ses faiblesses

De nombreux pays européens se sont trouvés privés de main d'œuvre agricole en raison de la fermeture des frontières.

Nombre d'agricultrices et d'agriculteurs ont perdu les récoltes qu'ils ne pouvaient écouler localement à cause de la fermeture des marchés.

En Afrique de l'ouest, le Covid-19 et les mesures de riposte prises pour lutter contre sa propagation ont impacté le fonctionnement des filières agropastorales et les échanges agricoles. La fermeture des frontières nationales et régionales, l'isolement ou la mise en quarantaine de régions entières et de grands centres urbains fortement infectés ont perturbé la collecte et le transport des produits agricoles vers les zones de consommation, y compris à l'échelle locale.

A cela s'ajoute la responsabilité de l'agriculture et de l'élevage industriels dans l'émergence et la diffusion accrue des pandémies, tant en raison de leur responsabilité dans la destruction des écosystèmes que des échanges mondialisés qu'ils induisent.

La crise a révélé la faible résilience des systèmes alimentaires industrialisés, et mis en lumière les problèmes structurels qui entravent la souveraineté alimentaire des populations.

L'absurdité de nos modèles agricoles a plus que jamais été révélée, à tel point que désormais en France, plus de 9 personnes sur 10 souhaitent que l'exécutif garantisse « l'autonomie agricole de la France ».

Une relocalisation non réfléchie peut aussi accroître la crise alimentaire

De nombreux acteurs brandissent la relocalisation comme remède à nos maux en matière de résilience agricole. Mais ils font souvent peu de cas de l'impact qu'une relocalisation jusqu'au-boutiste aurait sur les autres pays.

Une relocalisation irréfléchie risque d'alimenter encore davantage (sans mauvais jeu de mot) la crise de la faim qu'annoncent les agences onusiennes PAM.

En suspendant leurs exportations de céréales fin avril, la Russie et plusieurs pays producteurs ont par exemple mis en danger la sécurité alimentaire de l'Algérie.

Vente de produits locaux dans le Maine-et_Loire pendant la crise du Covid 19
Vente de produits locaux dans le Maine-et-Loire pendant la crise du Covid 19 ©Jean-Michel Delage/CCFD-Terre Solidaire

La relocalisation : comment et à quelles conditions ?

C'est quoi le « local » ? Peut-on et doit-on exclusivement s'approvisionner localement ? L'alimentation locale peut-elle nourrir tout le monde ? A quelles conditions ? Comment mettre en œuvre une relocalisation solidaire et juste, qui ne soit pas synonyme de repli sur soi ?

En Afrique de l'Ouest plusieurs organisations ont fait le pari de construire des « systèmes alimentaires territorialisés ».

Au Sahel, c'est le cas du GRDR (Groupe de recherche et de réalisations pour le développement rural), soutenu par le CCFD-Terre Solidaire qui accompagne des organisations paysannes, des collectivités et d'autres acteurs locaux dans l'élaboration de cette démarche.

C'est quoi, un système alimentaire territorialisé ?

- Une alternative au système actuel

Territorialiser un système alimentaire, c'est proposer une alternative durable au système alimentaire mondialisé actuel. Ce système est actuellement structuré autour de grandes firmes industrielles, tant pour le commerce des intrants (semences, pesticides, fertilisants, etc.) que pour des produits alimentaires souvent hautement transformés.

C'est un modèle très compétitif car les coûts qu'il induit pour la société ne lui sont pas imputés : destruction des écosystèmes, nivellement par le bas de la qualité avec la hausse des maladies type diabète et obésité, appauvrissement des agriculteurs, volatilité des prix. La prospérité financière de ce système s'est aussi construite sur la destruction des biens communs.

- Mais pas un retour au passé

« Le modèle qualifié de « système alimentaire territorialisé » (SAT) ne constitue pas un retour nostalgique à l'organisation des systèmes alimentaires dans les économies rurales du début du XXe siècle » [8] [1] expliquent les chercheurs Jean-Marc Meynard et Jean-Louis Rastoin. Il s'agit bien d'une mutation du modèle de production qui prenne en compte les spécificités et besoins territoriaux de l'ensemble des acteurs d'un territoire, pour penser et mettre en œuvre collectivement un modèle écologique, résilient, pourvoyeur d'emplois de qualités, développant une alimentation variée. Cela ne signifie pas couper tout échange international !

- Une démarche lancée suite aux émeutes de la faim de 2008

Cette évolution de l'appréhension des problématiques agricoles et alimentaires, pour le GRDR, date d'environ 2009 et fait suite aux émeutes de la faim de 2008. Une hausse des prix des denrées alimentaires importées avaient déclenché des émeutes dans de nombreuses villes de la région du Sahel.

Le GRDR, qui soutenait les producteurs locaux, s'est aperçu que les familles préféraient échanger le sorgho mis à leur disposition contre du blé et/ou du riz importés. La production locale était délaissée au profit d'une nourriture importée soumise à la spéculation et de moins bonne qualité.

Il n'était donc pas suffisant de soutenir les producteurs, il fallait aussi travailler avec les consommateurs, « de la fourche à la fourchette ». Pour cela il était aussi indispensable de travailler avec les autorités locales.

A partir de 2016, le GRDR a accompagné une première collectivité, le département de Rufisque, en périphérie de Dakar au Sénégal, dans le diagnostic de son système alimentaire puis dans la territorialisation de ce système via la mise en œuvre d'un ensemble d'actions et de mesures politiques.

Cette approche s'engage aussi par la suite dans la ville de Kayes, au Mali, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, et dans la ville de Ziguinchor, en Casamance (Sénégal).

- Un processus qui implique l'Etat et l'échelon local

L'implication des Etats ou de l'échelon local est en effet indispensable pour mobiliser les politiques publiques et en assurer la cohérence : planification, infrastructures et développement urbain (gestion du foncier agricole, localisation des points de restauration), transport public et routes, développement économique local, éducation, santé publique, gestion des déchets, etc. [2] Les pouvoirs publics sont aussi en charge de rassembler tous les acteurs concernés (et ils sont nombreux !), et de mener un diagnostic territorial, pour établir un plan d'action.

A Kayes, les autorités publiques se sont largement impliquées dans le projet : conseil municipal et services techniques comme les Directions Régionales de l'Agriculture, de la statistique et de la planification, de la concurrence et du commerce, des eaux et forêts, etc.

L'Etat est également à même de faire évoluer les habitudes des consommateurs pour accroître la demande en produits locaux. Un de ses leviers est la promotion de l'alimentation locale : éducation dès le plus jeune âge à la santé nutritionnelle, animation de campagnes d'information-communication de masse auprès des consommateurs, etc.

Un enjeu de taille quand on sait que les brisures de riz importées d'Asie sont généralement préférées au riz produit localement dans la zone de l'Office du Niger alors qu'elles présentent une qualité nutritionnelle très inférieure.

Les achats publics (hôpitaux, écoles, universités, casernes, prisons, etc.) peuvent aussi jouer un rôle déterminant dans la stimulation de la production et de la consommation locale. A Rufisque au Sénégal, le GRDR accompagne maintenant la collectivité dans l'élaboration d'un plan alimentaire territorial qui prévoit que les cantines scolaires s'approvisionnent auprès des producteurs locaux.

- Une proximité entre producteurs et consommateurs

Les systèmes alimentaires territorialisés favorisent une plus grande proximité entre producteurs et consommateurs.

A Kayes, le GRDR a accompagné la mise en place d'une « boutique paysanne », un point de vente de produits maraîchers issus de l'agroécologie, pour que les producteurs puissent plus facilement écouler leurs productions en ville et se distinguer des producteurs conventionnels sur le grand marché.

Boutique de produits locaux et agroécologique à Kayes au Mali
Boutique de produits locaux et agroécologique à Kayes au Mali ©Demba Sow/CCFD-Terre Solidaire

A ce jour une vingtaine de producteurs en agroécologie paysanne alimentent la boutique. La détermination des quantités de produits à fournir à la boutique et leur écoulement est facilitée par le contact direct entre producteurs et consommateurs, via un groupe What's App.

Le réseau social a également permis de renforcer les liens entre producteurs et associations de femmes transformatrices, garantissant des débouchés pour les uns, et la régularité de l'approvisionnement en matière première de qualité pour les autres.

Cela a également créé un engouement autour des questions d'agroécologie et de nouvelles relations de proximité et de solidarité.
« [Les membres du groupe] communiquent beaucoup par les images, les vidéos, les notes vocales. C'est aussi un groupe de formation, ils se partagent des éléments techniques sur l'entretien des champs. Cela permet aux consommateurs de comprendre dans quelles conditions les produits qu'ils consomment sont produits », témoigne Ibrahima Zerbo, coordinateur du programme TAPSA du GRDR au Mali.

Pendant la crise Covid-19, alors que la boutique paysanne était fermée et les déplacements restreints, producteurs et consommateurs se sont auto-organisés grâce à leur groupe What'sApp pour mettre en place une livraison à domicile.

- un processus intimement lié à la transition agroécologique…

Lorsque l'on donne la parole aux citoyens, leurs priorités intègrent le respect des territoires, de leur santé et des emplois, favorisant ainsi l'agroécologie .

Mais les pratiques alimentaires restent souvent contraintes par un faible pouvoir d'achat. C'est le cas en France comme pour de nombreux consommateurs kayésiens, pour lesquels les produits alimentaires importés - de qualité parfois douteuse - sont les plus accessibles financièrement.

Le développement de systèmes de production agroécologiques permettant de produire à plus grande échelle des produits sains, de qualité, respectueux de l'environnement et des écosystèmes, apporte des réponses à toutes ces préoccupations.

Dans le cadre d'un système alimentaire territorialisé, cela implique un soutien public accru à la promotion et diffusion de l'agroécologie.

- Un atout pour l'emploi !

Si elles sont un réel atout pour la santé et un environnement sain, l'approche « système territorial » et l'agroécologie, dont les pratiques sont hautement intensives en main d'œuvre, sont également un réel atout pour l'emploi. Par exemple avec la production d'intrants naturels à plus grande échelle : compost, biopesticides, multiplication de semences paysannes, etc.

Organisées à l'échelle des territoires, les activités de transformation, collecte, transport, distribution, commercialisation, sont autant d'opportunités d'emplois non agricoles, notamment en milieu rural.

A Kayes par exemple, les producteurs acheminent leurs produits entreposés dans des paniers ou caisses en bois confectionnées par les artisans locaux. Pendant la crise Covid-19, pour faciliter la livraison de produits à domicile, le GRDR a équipé un comité de producteurs de 3 tricycles, ce qui a permis à des jeunes de se créer une petite activité de transporteur. Ce sont de petits exemples qui, combinés et pensés à un niveau territorial, peuvent redynamiser les territoires et contribuer au maintien ou à la création d'emplois dignes.

A l'heure où la priorité est à la santé, à la résilience de nos systèmes agricoles et à la création d'emplois de qualité, espérons que les politiques de relance s'intéresseront de près aux systèmes alimentaires territorialisés et à l'agroécologie !

Jessica Pascal, Chargée de mission partenariat Sahel
Manon Castagné, Chargée de plaidoyer Souveraineté Alimentaire et Climat


[2] Guide GRDR « Co-construire un projet alimentaire territorial », p11


Pourquoi nous devons agir contre l'annexion d'une partie de la Cisjordanie (et comment)

L'annexion d'une partie de la Cisjordanie annoncée par le gouvernement israélien représente un tournant dans l'histoire du conflit israélo-palestinien. Cette violation fondamentale du droit international représente aussi un défi pour l'avenir des relations entre Etats.
Il est urgent que nos gouvernements agissent enfin concrètement pour que l'occupation du Territoire occupé cesse enfin et pour un respect du droit international.


Passionnée du Moyen-Orient, Emmanuelle Bennani-Caillouët est mobilisée sur la résolution des conflits depuis des années. Elle accompagne des dynamiques associatives en Palestine et en Israël ainsi que des actions de sensibilisation et de plaidoyer pour une résolution du conflit israélo-palestinien. Elle est actuellement responsable du service Afrique du Nord/ Moyen-Orient / Balkans / Roms au CCFD-Terre Solidaire.

Le gouvernement israélien d'unité nationale formé le 6 avril, dans le contexte du Covid-19 et après des mois d'atermoiements politiques, a annoncé la possibilité d'annexer unilatéralement une partie de la Cisjordanie à partir du 1er juillet.

53 années d'occupation

Depuis 1967 et l'occupation de la Cisjordanie, nous assistons à une fuite en avant. Les 53 années d'occupation israélienne sur le Territoire palestinien, et en particulier les années post Oslo (1993), ont été marquées par un contrôle accru sur les populations et sur le territoire.

Aujourd'hui la Palestine est fragmentée en Territoires séparés. Les Palestiniens de la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne peuvent circuler librement ni vers Israël ni d'une zone à l'autre. Plus de 600 000 colons sont installés en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Un réseau d'infrastructures routières interdites aux Palestiniens permet aux colons de se déplacer facilement à l'intérieur de la Cisjordanie, tandis que la libre circulation des Palestiniens y est entravée.

Au fil des ans, les violations du Droit international, du droit international des droits humains et du droit international humanitaire se sont multipliées et aggravées alors qu'augmentait la violence des colons envers les populations palestiniennes.

Une annexion "de jure", formalisée par un texte de loi renforcerait l'annexion "de facto" en place. Elle conduirait à un renforcement des accaparements et expropriations de terres, à la nationalisation des propriétés et des terres privées palestiniennes, aux restrictions accrues à la liberté de circulation, aux expulsions de population.

La fin de la solution à deux Etats

Aujourd'hui le statut juridique pour les Palestiniens vivant dans les zones qui pourraient être bientôt annexées n'est pas connu. Mais il est clair qu'avec l'annexion, une issue au conflit basée sur la solution à 2 Etats disparaîtrait définitivement pour laisser la place à une réalité à un Etat, dans lequel, en fonction de l'origine ethnique, certaines personnes auraient la pleine citoyenneté et les droits civils et politiques et d'autres non.

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour la situation des droits de l'homme dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967, Michael Lynk, a déclaré que « le plan cristalliserait un apartheid du XXIe siècle, laissant dans son sillage la disparition du droit des Palestiniens à l'autodétermination ».

Une violation inacceptable du droit international

L'annexion aurait aussi des répercussions sur d'autres conflits territoriaux et sur le droit international.

Une annexion territoriale équivaut à un acte d'agression et est strictement interdite par le droit international en toutes circonstances. L'annexion serait une violation au droit des peuples à l'auto-détermination.

Si nos gouvernements n'agissent pas enfin concrètement pour mettre un terme à l'annexion de la Cisjordanie, un verrou de plus sautera dans le système multilatéral mis en place après la seconde guerre mondiale.

La Déclaration universelle des droits humains, les Conventions de Genève, le droit international humanitaire ont été construits pour veiller à assurer des valeurs communes au niveau mondial, pour que la justice prédomine sur la force et la barbarie.

C'est ce message que plus de 1000 parlementaires de 25 pays européens(et du parlement européen, dont 100 Français) ont lancé, à l'appui d'une initiative de A. Burg, ancien Président de la Knesset, et d'autres personnalités israéliennes aux Ministres des différents gouvernements et au Haut représentant de l'Union européenne :
« Nous soutenons pleinement cette affirmation : l'acquisition de territoire par la force n'a pas sa place en 2020 et devrait avoir des conséquences proportionnelles. L'absence de réponse adéquate encouragerait d'autres États ayant des revendications territoriales à ne pas respecter les principes fondamentaux du droit international. L'ordre mondial fondé sur des règles est essentiel pour la stabilité et la sécurité à long terme de l'Europe. Nous avons un intérêt profond à le protéger et en portons la responsabilité. ».

Au delà de la déclaration, il faut poser des actes concrets

L'annexion a fait l'objet de nombreuses condamnations officielles. Ces prises de position font écho aux nombreuses déclarations internationales et résolutions des Nations unies qui ont truffé l'histoire agitée du conflit israélo-palestinien. Sont en effet légion : les dénonciations de la colonisation, des destructions d'infrastructures - dont celles financées par nos Etats, et les demandes de levée du siège de la Bande de Gaza.

Mais sans actes concrets, elles n'ont pas empêché la poursuite de la colonisation, l'asphyxie économique et sociale de la Palestine et la poursuite du conflit israélo-palestinien. Les gouvernements israéliens successifs bénéficient ainsi d'une impunité dangereuse et criminelle.

Depuis les années 1970, le CCFD-Terre Solidaire est aux côtés d'acteurs palestiniens et israéliens qui mettent en place avec passion des projets pour transformer la vie des gens. Et pourtant, nous avons aussi assisté avec elles et eux à la dégradation dramatique de la situation.
Nous savons que seules, les mobilisations de Palestiniens et d'Israéliens ne suffiront pas. Des interventions internationales et des pressions sont nécessaires pour mettre fin à ce conflit, comme ce fut le cas en Afrique du Sud ou au Timor oriental.

L'Union européenne et la France peuvent agir concrètement

L'Union européenne et la France peuvent agir concrètement ! Dans le cas de l'annexion de la Crimée par la Russie, l'UE a prouvé sa volonté de réagir fermement contre une annexion illégale. Des moyens existent et peuvent être mis en place rapidement.

L'UE dispose de nombreuses mesures en phase avec les accords signés avec Israël et sa propre législation : elle pourrait appliquer la différenciation entre Israël et les colonies illégales de Cisjordanie (exclure les Territoires occupés des relations avec Israël) voire envisager la suspension de l'accord d'association UE-Israël en cas d'annexion.

Enfin, alors que l'administration Trump a ouvert la voie à l'annexion de la Cisjordanie avec le plan portant le nom du président américain, présenté en janvier 2020, le moment est venu pour l'UE de jouer enfin un rôle actif de médiateur pour qu'un accord multilatéral puisse être trouvé.

Ce moment est un moment charnière. Des actes concrets sont attendus pour qu'enfin Palestiniens et Israéliens puissent vivre ensemble en paix sur cette terre. Ils sont nécessaires aussi pour que le droit international reste le cadre de notre ordre international.

Je signe la pétition

sujet : Opinions

Les jeunes, notre avenir et notre espérance

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une crise économique, sociale, écologique et politique sans précédent, que la pandémie du Covid-19 ne fait qu'aggraver. Comme le rappelle si justement l'encyclique Laudato Si', ces crises n'en font qu'une car « tout est lié ».

Cette crise frappe plus particulièrement les plus vulnérables (travailleurs de l'économie informelle, femmes victimes de violences, migrants, populations autochtones notamment).

70 à 100

millions de personnes supplémentaires seront touchées par l'extrême pauvreté selon la Banque mondiale

La Banque mondiale annonce que, dans les mois à venir, 70 à 100 millions de personnes supplémentaires seront touchées par l'extrême pauvreté. Beaucoup souffriront de la faim : la crise alimentaire touchera – touche déjà ! – de nombreux pays, au Nord comme au Sud.
Le directeur du Programme alimentaire mondial de l'Onu a d'ailleurs interpellé le Conseil de sécurité des Nations unies en avril dernier en ces termes vigoureux : « Pardonnez ma franchise, alors que nous sommes confrontés à une pandémie de Covid-19, nous sommes également à l'aube d'une pandémie de la faim. »

Pour relever le défi soulevé par cette crise mondiale, une approche systémique et inclusive s'impose : elle devra nécessairement passer par une réponse concertée entre États et associer tous les acteurs entrepreneuriaux et toutes les composantes des sociétés civiles.

Comment rassembler cette diversité de parties, si ce n'est en les réunissant autour de valeurs partagées, véritables « piliers d'une terre solidaire », comme : la dignité de la personne, la solidarité, la justice, l'harmonie entre l'humanité et la nature, la priorité donnée aux plus pauvres, la destination universelle des biens, le respect des droits humains, la participation, l'engagement et l'organisation des citoyens, la subsidiarité et l'autonomie accordée à la société civile. Une belle invitation à vivre et à partager l'Évangile et la pensée sociale de l'Église.

Ce sont d'ailleurs bien ces valeurs que défendent tous ces jeunes, croyants ou non. Ils montrent leur volonté, leur courage et leur enthousiasme en agissant pour affronter la crise, afin de participer à la construction d'un monde plus juste et plus respectueux de la planète.

Nombreux sont nos partenaires qui appuient un peu partout ces initiatives des jeunes générations, par exemple en les formant à la vie associative et à la citoyenneté, et au respect des droits humains, en développant des initiatives en faveur de la construction de la paix, en sensibilisant la population à la nécessité de réguler les investissements pour préserver l'environnement.

- Lire / Liban : résister pour retrouver l'espoir

Ces jeunes femmes et hommes se lèvent pour agir sur leur environnement et transformer leur société. Animés par leurs rêves, leur énergie, leur générosité elles et ils nous invitent à l'espérance. Ne les décevons pas. Soutenons-les : ils sont notre avenir.

Par Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire


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- mis à jour le : lundi 13 juillet 2020 -