Rectificatif : A dater de ce 16 janvier, messe du samedi soir à La Peyrade à 16h30 (jusqu’à nouvel ordre).
* * * * TRÈS BONNE ANNÉE A TOUS * * * *




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Secours Catholiques.

Le Secours catholique est une association à but non lucratif créée le 8 septembre 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Le Secours catholique est attentif aux problèmes de pauvreté et d’exclusion de tous les publics et cherche à promouvoir la justice sociale.



J'ai enfin un "vrai" métier

Numéro de l'épisode: 

Ep.18

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Résumé: 

Paradoxalement, la crise sanitaire a ouvert des opportunités professionnelles à Maribel. Aide-soignante dans un Ehpad, la compagne de Daniel sort peu à peu de la précarité, au prix d’une charge de travail énorme.

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Paradoxalement, la crise sanitaire a ouvert des opportunités professionnelles à Maribel. Aide-soignante dans un Ehpad, la compagne de Daniel sort peu à peu de la précarité, au prix d’une charge de travail énorme.

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Elle est une travailleuse "essentielle", une "première de corvée". À 34 ans, Maribel, la compagne de Daniel, exerce comme aide-soignante au Foyer du romarin, un Ehpad en périphérie de Montpellier. La toilette du matin, « des pieds à la tête », les transferts des personnes âgées du lit au fauteuil, entre autres « soins d’hygiène et de confort », rythment son quotidien. En lisière de garrigue, l’établissement associatif accueille une centaine de résidents. Dans son jardin, à flanc de colline, des carillons sonnent au rythme du vent. Cet après-midi de janvier, pas un pensionnaire ne se profile à l’horizon. Un cas de Covid a transformé l’Ehpad en forteresse. Les patients sont confinés dans leur chambre. D’autres, trop déboussolés pour rester enfermés, sont placés en quarantaine dans un bâtiment à part. « Il y a beaucoup de souffrance de part et d’autre en ce moment, souffle Maribel. Et nous, au milieu, on est comme des éponges. »

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La toilette du matin, les transferts des personnes âgées du lit au fauteuil, entre autres « soins d’hygiène et de confort », rythment son quotidien.

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Voilà près d’un an que la crise sanitaire empoisonne la vie du Foyer du romarin et celle de son personnel. Maribel nous retrouve au rez-de-chaussée, dans l’une des deux seules salles autorisées aux visiteurs. Les familles peuvent y rencontrer leur proche 30 minutes, séparées par la largeur de deux tables, quand ce ne sont pas des plaques en Plexiglas. « Ils ne se voient pas toujours bien à cause des reflets, ils ne peuvent pas s’embrasser… On est les premiers à se "prendre" les reproches. On comprend que c’est très dur pour eux, mais tout cela nous pèse. » En blouse rose et blanche, Maribel parvient à garder le sourire quand elle raconte « la charge de travail énorme », « la fatigue qui s’accumule » et « la barbe de boutons » qui lui pousse sur les joues, là où frotte le masque.

Contre toute attente, pourtant, la crise sanitaire lui a ouvert des opportunités professionnelles. « D’une certaine façon, le Covid a été ma chance », constate-t-elle, un peu perplexe. Alors que Daniel, cuisinier dans un restaurant de Sète, est au chômage partiel depuis novembre, Maribel n’a jamais autant travaillé. « Je suis censée faire 14 jours de 12 heures par mois, soit 168 heures. Le mois dernier, j’étais à presque 200. » Les manques d’effectif ne sont plus compensés par le recours à des intérimaires, alors le personnel enchaîne les heures supplémentaires. Depuis qu’elle a pris ses fonctions d’aide-soignante, en février 2020, Maribel s’estime sortie de la précarité. « J’ai enfin un "vrai" métier, dont je suis fière, en CDI, dans un secteur où il n’y a pas de chômage. » Pendant plus de quinze ans, rien de tout cela ne lui semblait à sa portée.

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J’ai enfin un "vrai" métier, dont je suis fière, en CDI, dans un secteur où il n’y a pas de chômage.

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Impressions sur le vif, lors de cette journée où un cas de Covid a transformé l’Ehpad en forteresse et où les patients ont été confinés dans leur chambre.

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Née à Narbonne, dans l’Aude, Maribel quitte l’école avant le bac, enceinte de sa fille aînée.

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Née à Narbonne, dans l’Aude, Maribel quitte l’école avant le bac, enceinte de sa fille aînée. « Entrée très tôt dans le monde du travail », elle choisit de s’arrêter deux ans à la naissance de son fils, quatre ans plus tard. « À l’époque, je n’ai pas pensé à moi. Il faut dire que je n’avais pas de but. Pour moi, travailler, c’était gagner sa vie. » Seule pour élever ses enfants, elle compose ensuite avec des CDD au Smic, dans la vente et la restauration, du travail non-déclaré, le RSA et d’autres aides sociales. La Banque alimentaire pour les colis, Emmaüs pour l’habillement des enfants, l’aident à surmonter « les mois qui finissent tous dans le rouge ». « Il m’est arrivé d’ouvrir mes placards et de n’avoir que de la farine, de l’huile et du sel. J’en avais fait des galettes qui nous avaient fait un repas. Avec le recul, je me dis, heureusement que j’étais jeune. J’étais pleine d’énergie, de ressources, toujours en train de chercher quel travail je pourrais faire pour gagner 1 200 euros, quel organisme pourrait m’aider. »

Sa fille et son fils aussi s’adaptent, ils apprennent vite l’autonomie. Maribel, qui vit alors à Toulouse, évite les sorties en centre-ville, « où l’on est constamment tentés de consommer ». La pauvreté isole la famille. « Mais j’ai toujours emmené les enfants faire de longues balades dans la nature, insiste-t-elle. Aujourd’hui, mon fils est parfois un peu en décalage avec ses copains qui jouent aux jeux vidéo. Il préfère faire des cabanes, du vélo... J’en suis fière. On a vécu des moments très difficiles, ils ont peut-être perdu leur innocence d’enfant tôt, mais on a aussi de bons souvenirs. Quand on a 20, 25 ans, on a l’impression que rien n’est grave. On galère, mais on a la vie devant soi. »

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Je me suis sentie en échec. Je ne voulais plus me résigner aux petits boulots. J’avais besoin de me sentir capable.

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Vers l'âge de 27 ans, Maribel s’est dit qu’elle ne pouvait « pas continuer comme ça ». « Je me suis sentie en échec. Je ne voulais plus me résigner aux petits boulots. J’avais besoin de me sentir capable. » Elle décide de reprendre des études « pour pouvoir prétendre à un métier plus intéressant, moins contraignant et mieux payé ». Ce sera un titre professionnel, de niveau bac, dans le commerce à distance. Huit mois à temps plein financés par Pôle emploi. La jeune femme s’accroche et réussit les épreuves au rattrapage. Sa première expérience post-diplôme, comme responsable d’une salle de sport, ne lui convient pas. « Il fallait faire du chiffre d’affaires à tout prix, ce n’était pas pour moi. » Elle postule dans un Ehpad, en temps qu’agente des services hospitaliers (ASH). Pendant un an et demi, elle sert les repas, fait le ménage des chambres, seconde les aides-soignantes.

Le monde médico-social lui plaît. Il lui donne le goût d’évoluer. Au Foyer du romarin, où elle arrive en 2019, elle fait le siège du service RH pour réclamer des remplacements de nuit comme aide-soignante. « Dès qu’ils envoyaient les grilles, je me positionnais. Je les ai "soûlés" ! Ça a fini par payer. » Le Covid n’a fait qu’augmenter les besoins en renforts. Depuis l’hiver 2020, son contrat de travail indique qu’elle « fait office » d’aide-soignante. Le titre officiel viendra par équivalence. Maribel se voit déjà évoluer vers « infirmière, infirmière spécialisée, cadre, pourquoi pas. Je ne limite pas mes rêves parce que je m’y suis toujours accrochée et que cela a fonctionné. Dans la tête de beaucoup de gens, on ne peut pas s’en sortir, avoir un bon métier, en ayant arrêté l’école à 17 ans. Mais il peut se passer n’importe quoi dans la vie : une envie, un déclic... »

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Pour l’heure, Maribel encaisse la fatigue pour compenser la perte de revenus de Daniel et éponger les crédits du couple.

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Son salaire de base tourne aujourd’hui autour de 1 450 euros net. Cet été, Maribel a bénéficié de la prime de 1 000 euros accordée au personnel des Ehpad. Avec les heures supplémentaires, sa rémunération peut monter jusqu’à 1 800 euros, voire 2 000 euros. « J’ai la chance de pouvoir augmenter mon salaire quand je veux. Mais quand je fais ça, je suis explosée. » Pour l’heure, elle encaisse la fatigue pour compenser la perte de revenus de Daniel et « éponger les crédits » du couple. « On a encore des choses à surmonter, mais j’espère rembourser le maximum avant l’été, pour prendre des vacances et passer à d’autres projets. » Comme acheter un jour une maison - « une sécurité supplémentaire » - et entreprendre une formation d’infirmière que pourrait prendre en charge son employeur. « Après ça, je voudrais pouvoir me dire que 1 500 euros par mois me suffisent, que je ne manque de rien, que je peux me faire un resto de temps en temps et que je ne suis plus épuisée. »

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Avec Daniel, on a encore des choses à surmonter, mais j’espère rembourser le maximum avant l’été.

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Combattre la pauvreté féminine

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Les métiers de l'aide à la personne et de la santé, telles les aides-soignantes et les infirmières, comptent parmi ceux où la part des femmes est la plus élevée : 89% sur 930 000 salariés, rappelle le ministère du Travail (voir l’étude de la Dares ci-dessous).

Comme dans l'éducation, la vente ou l'entretien, cette non-mixité va de pair avec une moindre valorisation, par rapport aux professions techniques et industrielles, plus souvent occupées par des hommes. « Il s’agit d’éduquer, soigner, assister, nettoyer, conseiller, écouter, coordonner... Bref, de faire appel à des "compétences présumées innées", si "naturelles" quand on est femme, rappelait en avril 2020, dans une tribune au Monde, un collectif d'universitaires et de syndicalistes. Cette dévalorisation est l’un des facteurs expliquant les 26% d’écarts salariaux entre les femmes et les hommes. »

D'où l'appel des signataires à « revaloriser les emplois et carrières à prédominance féminine », par exemple en prenant mieux en compte certaines compétences : la technicité, mais aussi les responsabilités, les savoirs relationnels, la pénibilité psychique et non seulement physique, etc.

Un levier pour combattre la précarité et la pauvreté féminines. En 2018, l'ONG Oxfam estimait qu'entre 2006 et 2017, « la part de femmes en activité professionnelle et pauvres est passée de 5,6 % à 7,3 % ». Les mères de famille monoparentale sont les plus touchées : « parmi celles qui travaillent, plus d’un quart vit sous le seuil de pauvreté, soit un million de femmes ».

Un constat également souligné par le Secours Catholique dans son “État de la pauvreté en France 2020”. « Les mères isolées sont avec les hommes seuls le type de ménage le plus fréquemment rencontré dans les accueils du Secours Catholique : elles représentent près d’un quart des ménages rencontrés (et une femme sur trois rencontrées), rapporte l’association qui précise encore : « Près d’un quart (des mères isolées de nationalité française) occupent un emploi mais il s’agit très souvent d’emplois précaires et peu rémunérateurs à temps partiel, ou encore en CDD et intérim. »

Auteur reportage & photos: 

Texte : Alexia Eychenne - Photos : Christophe Hargoues

Dans le Gard, des solidarités alimentaires

À Vauvert dans le Gard, le Secours Catholique développe une démarche innovante d'accompagnement des personnes en précarité autour du "bien manger". Parmi les actions phares, et qui s'adaptent au contexte sanitaire : des paniers frais hebdomadaires et des rencontres, prochainement, autour d'un four mobile au coeur d'un quartier prioritaire. 

Au Brésil, le retour à la terre pour vivre mieux

Au Brésil, le Mouvement des sans-terre agit pour que l’État applique la réforme agraire. Le but : obtenir une meilleure répartition des terres pour permettre à des familles pauvres de mieux vivre grâce à l’agriculture. Reportage dans le nord-est du pays.

Sans-abri : être là, simplement

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Sans-abri

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: être là, simplement

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Dans un contexte sanitaire toujours tendu, le Secours Catholique de Paris maintient ses activités auprès des sans-abri. Tournées de rue et cafés conviviaux permettent aux personnes à la rue de se réchauffer le corps… et le cœur.

Considérer comme un dossier: 

Non

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Auteur reportage: 

Cécile Leclerc-Laurent

Auteur photos: 

Vincent Boisot

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Heure: 

10H

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Texte: 

C’est l’heure d’installer les tables et les chaises. La paroisse Sainte-Rosalie, dans le 13e arrondissement de Paris, organise tous les matins un petit déjeuner en partenariat avec la société Saint-Vincent-de-Paul et le Secours Catholique. Les bénévoles préparent le café qu’ils offrent aux personnes de passage. « Le premier café, c’est pour se réchauffer. Le second c’est pour en profiter », observe Dominique, bénévole de la paroisse. Les viennoiseries proviennent des invendus de la boulangerie voisine. « Ça permet aux personnes à la rue de calmer leur faim », ajoute David, un autre volontaire.

Heure: 

10H45

Paragraphes: 

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Texte: 

« On ne vous dérange pas ? C’est la première fois que je vous vois », questionne Jean, bénévole. « Personne ne me voit, de toute façon », lui répond Philippe, un homme aux cheveux grisonnants assis près d’une bouche d’air chaud. Il explique qu’il dort sous un porche avec un sac de couchage et deux couettes depuis le mois de juin. Les bénévoles du Secours Catholique s’absentent du café pour effectuer une tournée de rue dans le quartier et inviter les sans-abri à venir boire une boisson chaude à Sainte-Rosalie. « On rend visite aux personnes, explique Jean, elles sont chez elles à la rue, on prend le temps qu’elles nous donnent. »

Heure: 

11H30

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Texte: 

« Ça structure ma matinée, de venir ici », déclare Damien, la trentaine, à la rue depuis mars. « Je bois un café pour émerger comme tout le monde. C’est difficile d’avoir une journée rythmée quand on est à la rue. » Damien discute avec Olena, de tout et de rien. « Les personnes viennent, se posent et discutent entre elles. Une chaleur se dégage », note Dominique, de la paroisse. « La journée s’annonce bien, ici », dit en souriant Damien. À midi, le café se termine. Damien se rendra aux Restos du cœur le soir, avant de dormir sous un porche.

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Titre gras: 

Écoutez Damien

Titre maigre: 

sans toit depuis plusieurs mois

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Heure: 

16H

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Texte: 

Quartier des Apennins dans le 17e arrondissement. Marie-Anne, Pierre et Astrid ont revêtu les K-ways du Secours Catholique et sillonnent les rues à la rencontre des sans-abri avec un thermos de café et un autre de thé. « Le but est d’aller leur dire bonjour, de voir s’ils ont besoin de quelque chose. Si c’est préoccupant, on fait un signalement au Samu social », explique Marie-Anne, qui donne ce jour-là à Jean-Philippe un bonnet tricoté par une personne accueillie au Secours Catholique. « J’aime bien voir Marie-Anne », déclare cet homme d’une cinquantaine d’années. « On discute un peu de tout, de la vie. » Il s’empresse ensuite de se réfugier dans le métro pour être à l’abri du froid.

Heure: 

16H45

Paragraphes: 

Image: 

Texte: 

Nicolas montre fièrement ses dessins – des esquisses des rues de Paris – à Astrid et boit un café pour se réchauffer. Il explique qu’il dort dans un parc, sous une housse de canapé. « Notre geste est gratuit. Il n’y a pas de relation donnant-receveur », témoigne Pierre, bénévole. « Ça réchauffe les mains mais aussi le cœur, de voir des gens qui ont de la sympathie et de l’empathie », confie Pascal, rencontré un peu plus loin dans un square.

Image de fond: 

Titre gras: 

Écoutez Marie-Anne

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bénévole

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Heure: 

19H30

Paragraphes: 

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Texte: 

Place Baudoyer, derrière l’Hôtel de Ville, dans le 4e arrondissement de Paris. Achille, Gaspard, Nicolas et les autres installent le bar, les Thermos d’eau chaude et les madeleines à grignoter avant de servir une boisson chaude aux personnes à la rue. « C’est énorme de boire ce café, ça réchauffe les mains et le corps », témoigne Paul, qui vient pratiquement tous les soirs depuis les onze mois qu’il est à la rue. Il dort sous un abribus.

Heure: 

20H

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Texte: 

Sébastien, qui est venu à vélo électrique avec tout le matériel, installe une bibliothèque ambulante pour permettre aux sans-abri d’emprunter des livres. Certains viennent se resservir de café et de madeleines plusieurs fois. Les bénévoles prennent le temps d’échanger avec ceux qui le souhaitent. « Certains font une heure de trajet pour venir ici boire quelque chose de chaud ou prendre un livre. Il y a une vraie demande pour passer du temps agréable ensemble. Le café est un prétexte pour un moment convivial, pour le plaisir de la rencontre », témoigne Nicolas, bénévole.

Heure: 

21H30

Paragraphes: 

Image: 

Texte: 

C’est bientôt l’heure de ranger. Raymonde boit un dernier chocolat chaud. Elle habite dans le secteur, mais vient tous les soirs pour trouver de la compagnie. « Ici c’est bien plus que boire quelque chose, ça fait passer le temps, j’ai besoin de parler », reconnaît également Pierre, à la longue barbe grise. « On échange aussi des informations entre personnes à la rue. » Les bénévoles replient le bar et replacent le matériel dans la remorque du vélo. Ils reviendront demain, même heure, même lieu.

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Florian Dosne

Sous titre making of: 

animateur à la délégation de Paris

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La mission première de ces tournées de rue et de ces cafés est l’écoute sans jugement. On est là pour se mettre à l’écoute des besoins des personnes à la rue. Avec les tournées de rue, c’est nous qui allons vers elles, alors qu’avec les cafés place Baudoyer ou à la gare du Nord, ce sont elles qui viennent vers nous. On rencontre des populations différentes selon les lieux des cafés. Par exemple, il y a plus de migrants près de la gare du Nord, et de sans-abri depuis longtemps à la rue vers Châtelet.

Lors des tournées de rue, on vient pour permettre une présence, on est fidèle dans la durée pour créer un vrai lien avec les personnes. Des bénévoles en connaissent certaines depuis des années. Si les personnes à la rue n’ont pas envie de parler, on ne les dérange pas. On n’est pas là pour les sortir de la rue, on est là pour être là, tout simplement. On les oriente aussi vers les dispositifs d’accompagnement d’associations partenaires.

Concernant les cafés, ce sont de vrais rendez-vous pour les personnes. Elles y sont très fidèles. Elles viennent pour échanger autour d’un café et bien sûr pour se réchauffer. La rue est souvent un milieu hostile, avec de la violence. Ces cafés de rue sont bienveillants : les bénévoles sont là pour prendre soin des personnes. Il n’est pas rare que les personnes à la rue prennent soin aussi les unes des autres. Ces cafés sont un repère, surtout en cette période de crise sanitaire où de nombreuses activités sont arrêtées. Les personnes à la rue sont plus seules que jamais.

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Engagez-vous !

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Titre: 

Le Secours Catholique a besoin de vous pour continuer d'accompagner les personnes à la rue

Je suis un peu plus confiant

Numéro de l'épisode: 

Ep.17

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Pays: 

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Résumé: 

En octobre dernier, David a changé de vie. Quittant Le Havre, l’étudiant équatorien de 26 ans a emménagé à Troyes, au sein de la maison diocésaine qui loue des chambres à des étudiants. Il vit ainsi en colocation avec cinq d’entre eux. David a commencé sa licence professionnelle dans les énergies renouvelables. Mais il persiste une ombre au tableau : le jeune homme n’a toujours pas trouvé d’entreprise pour son alternance. Sa situation administrative et financière en pâtit.

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En octobre dernier, David a changé de vie. Quittant Le Havre, l’étudiant équatorien de 26 ans a emménagé à Troyes, au sein de la maison diocésaine qui loue des chambres à des étudiants. Il vit ainsi en colocation avec cinq d’entre eux. David a commencé sa licence professionnelle dans les énergies renouvelables. Mais il persiste une ombre au tableau : le jeune homme n’a toujours pas trouvé d’entreprise pour son alternance. Sa situation administrative et financière en pâtit.

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Gauche

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Troyes, 29 décembre. David vient nous chercher à la porte de son nouveau logement, la maison diocésaine, une grande bâtisse en pierre, imposante, que longe un étroit cours d’eau, la Seine. Dans une aile, au deuxième étage, l’étudiant occupe une petite chambre, d’une superficie à peu près équivalente à celle du studio qu’il louait au Havre. Mais il a considérablement gagné en espace de vie : il a accès à une pièce partagée comprenant une cuisine, un coin salon avec télé et un coin salle à manger.

C’est dans cette demeure située dans le “bouchon de champagne” - le surnom donné par les Troyens à leur centre-ville - que David a passé les fêtes. Le 24, « j‘ai cuisiné des cuisses de poulet, récupérées aux Restos du cœur », raconte l’étudiant, tandis qu’il met au four, en prévision du déjeuner, des morceaux de lapin accompagnés de légumes et d’écorces d’orange. « Et puis j’ai appelé ma mère en Équateur, avant qu’elle ne le fasse. Avec le décalage de 7 heures, elle m’aurait contacté en pleine nuit ! » Comme les deux années précédentes, David avait été invité à passer Noël en famille aux côtés d’une bénévole du Secours Catholique, au Havre, mais il a préféré décliner l’offre, pour éviter un déplacement trop dispendieux. « Ce n’est pas la première fois que je passe Noël seul, relativise le jeune homme. Ça a été le cas les deux premières années, quand je suis arrivé en France. Cette fois, je crois que nous étions très nombreux dans cette situation ! ».

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Pour le réveillon de Noël, j‘ai cuisiné des cuisses de poulet, récupérées aux Restos du cœur.

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Bas

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David n’a d’ailleurs pas passé ces fêtes totalement isolé. Il s’est rendu à la “messe de minuit”, invité par Jean-Luc et Geneviève, un couple de laïcs qui habite dans la maison diocésaine et qui est chargé de l’accueil et de l’accompagnement des étudiants. Jean-Luc et Geneviève l’ont aussi convié à passer le déjeuner du 1er janvier avec eux. Au menu, du poulet au Coca-Cola - « un plat que faisait aussi ma mère, ça m’a rappelé des souvenirs » et un délicieux gâteau à la mousse de framboise, nous relate David au téléphone quelques jours plus tard. Il a aussi goûté à l'hydromel fait maison de Jean-Luc : « très bon, mais très sucré ! ».

Cette vie sociale retrouvée est un vrai soulagement pour David. « Contrairement au premier confinement, j’ai de la compagnie. C’est la grande différence, et la meilleure ! », s’exclame l’étudiant. Il y a donc Jean-Luc. Il passe une fois par semaine, en général le soir, discuter littérature ou politique et il apporte régulièrement des légumes du potager qu’il cultive au fond du parc de la propriété : topinambours, betteraves mais également du miel et de la propolis, issus de ses ruches. Il y a aussi les étudiants qui logent dans les chambres voisines, au même étage que David. Ainsi, Georges, Camille, Thomas, Reine-Michelle et lui se retrouvent souvent dans la salle commune pour manger et partager des moments de vie (et les bières dans le frigo !).

« Je m’entends bien avec tout le monde », apprécie David, qui ajoute, en souriant : « Bon, il faut quand même que chacun fasse la vaisselle ! » Avec Georges, étudiant en droit resté sur place durant tout le deuxième confinement, ils ont même pu s’entraider, David s’affairant en cuisine, Georges l’aidant à décrypter ses cours en droit du travail. Et pour se détendre, les deux colocataires regardent des séries ou jouent à la console, quand ils ne s’amusent pas à se faire peur - ou rire - dans les longs couloirs sombres de la bâtisse.

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Jean-Luc passe une fois par semaine, en général le soir, discuter littérature ou politique et il apporte régulièrement des légumes du potager.

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David, début octobre, dans le métro parisien, en transit entre deux gares, lors de son déménagement à Troyes.

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Avant de retrouver David dans sa colocation troyenne, nous l’avions quitté fin septembre à la gare, à Paris, entre deux correspondances. Il faisait alors son “déménagement”, deux valises pleines à craquer au bout des bras. Sa rentrée universitaire en licence professionnelle allait démarrer. Depuis, les cours et les travaux en groupe se sont enchaînés mais, comme huit autres étudiants de sa promotion, il n’a toujours pas trouvé d’entreprise pour son alternance. « Je cherche, je postule, même pendant les cours. Je réponds à des annonces partout en France », confie David.

Heureusement, dans ce contexte exceptionnel, l’Université les a autorisés à poursuivre leur formation - l’État prenant en charge son coût - et leur permet de l’étaler sur deux ans, le temps pour eux d’effectuer leur contrat en entreprise. David passe donc trois semaines en cours, la plupart du temps en visio, et trois semaines à rechercher des entreprises ou à candidater. Il s’accroche. « À un moment donné, je me suis demandé si je devais arrêter là mon cursus, et chercher un emploi de technicien, explique-t-il. Mais vu le contexte bizarre, je me suis dit que ce serait prendre trop de risques, et aussi que changer de statut me demanderait de longues démarches administratives ».

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Je cherche, je postule, même pendant les cours. Je réponds à des annonces partout en France.

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Car David bataille déjà avec son nouveau statut “d’alternant sans alternance”, qui ne lui facilite pas la vie au plan administratif. Son titre de séjour prenait fin le 31 décembre. Jusque-là, au Havre, il n’avait jamais eu de difficulté à le faire renouveler chaque fin d'année. Mais cette fois, la préfecture de l’Aube lui demande de fournir la copie de son contrat de travail, pour justifier de ressources financières suffisantes. David ne comprend pas : « Je ne peux pas donner un contrat qui n’existe pas ! »

Pour couronner le tout, toutes les démarches se font de manière informatique. Quand la situation est un peu complexe, cela devient kafkaïen. Ainsi, à un email que David a envoyé pour expliquer à nouveau sa situation, il a reçu cette réponse automatique : « Une pièce justificative est manquante ou invalide ». David était décidé à se rendre sur place dès que possible pour faire avancer son dossier.

Côté finances, le jeune homme n’a quasiment aucune ressource depuis plusieurs mois. Et désormais, n’étant plus “simple” étudiant, il n’a plus droit à l’aide du Crous. Ses dettes contractées durant le premier confinement pèsent toujours sur lui : un solde négatif de près de 700 euros à la banque à éponger et des factures d’électricité et d’eau en souffrance, le tout s’élevant à près de 2500 euros. David est inquiet. « Ma peur, c'est d’être fiché à la Banque de France. Ça me bloquerait pour de futurs crédits ».

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Je ne peux pas donner un contrat qui n’existe pas !

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La "bonne" nouvelle, tout de même, c’est que David - en France depuis cinq ans et en formation professionnalisante - est désormais éligible au RSA. Il en a fait la demande. « Je ne voulais pas, souffle-t-il. Je me sens comme un parasite. J’aurais voulu me débrouiller tout seul. Mais cette année est tellement bizarre... » Encore faut-il que la CAF débloque son dossier, car pour bénéficier du RSA, David doit obtenir son récépissé de carte de séjour. Il soupire. « Sinon ça bloque tout. Tout est lié ». Mais l’étudiant équatorien reste optimiste. « Ça va peut-être prendre du temps à se mettre en place, mais, une fois obtenu, ce sera un soulagement d’avoir un revenu régulier et fixe. » Il pourra apurer progressivement ses dettes, et commencer à payer le loyer (250 euros, connexion internet comprise) de sa chambre étudiante. « Je suis un peu plus confiant qu’il y a quelques mois. Le RSA m’offre des solutions. »

Pour se sortir la tête de toutes ces démarches et de l'écran de son ordinateur,  - « ça me prend pas mal d’énergie, psychologique et émotionnelle » - David s’est remis à la course à pied. Le dimanche matin, le long de la Seine, il court trente minutes, « pour faire quelque chose, et pour être à l’extérieur ». Et aux beaux jours, l’amateur de poissons compte bien récupérer sa canne à pêche, restée au Havre, acheter une licence, et venir sur les berges du fleuve titiller truites et brochets.

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Ça va peut-être prendre du temps à se mettre en place, mais, une fois obtenu, ce sera un soulagement d’avoir un revenu régulier et fixe.

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Pour un revenu garanti étendu aux jeunes

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Ayant plus de 25 ans (entre autres critères), David est éligible au RSA. Si ce n’est pas la panacée, et que le jeune homme préférerait décrocher un contrat d’alternance et être rémunéré à hauteur de son travail et de ses compétences, un tel revenu régulier va lui permettre de souffler un peu financièrement, et d’aborder avec davantage de sérénité sa recherche d’une alternance.

Pour les jeunes de moins de 25 ans, ce filet de sécurité n’existe pas. C’est pourquoi de nombreux acteurs associatifs, dont le Secours-Catholique au sein du collectif Alerte, appellent à l’instauration d’un revenu minimum garanti, d’un montant supérieur au RSA, et étendu aux jeunes en situation de travail à partir de 18 ans.

Sur ce sujet, lire l'entretien de la présidente du Secours Catholique, Véronique Fayet pour le magazine Usbek § Rica :

Auteur reportage & photos: 

Texte : Clarisse Briot et Anaïs Pachabézian - Photos : Anaïs Pachabézian

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- mis à jour le : mercredi 20 janvier 2021 -